DISSIDENT, IL VA SANS DIRE

THÉÂTRE ET DANSE

 
AFFICHE RECTO FLYER __Dissident, il va sans dire par la Compagnie des LANGAGES
 

Textes : Michel Vinaver

Avec : Françoise Demory (Hélène, la mère), Judicaël Vattier (Philippe, le fils), Félix Carel (batteur)

Mise en scène et chorégraphies : Françoise Demory, Judicaël Vattier

Régisseurs : Thomas Quenneville (régie générale – régie lumières),  Franck Dazin (régie sons) 

Durée du spectacle : 1h00

 
 

Synopis…

Michel Vinaver pense que l’écrivain, le dramaturge n’a pas de message à « faire passer ». « Dissident, il  va sans dire » ne se veut donc pas une pièce à message(s) ou à slogan ou pire encore, une pièce moralisatrice. « Dissident, il va sans dire » se contente, et c’est déjà beaucoup, de montrer la complexité des rapports humains : leur partie visible (des mots et de la quotidienneté) et leur partie inaudible (là où les corps parlent mais où l’on n’entend rien…).  Hélène, la mère dit qu’elle rêve d’une autre vie. Philippe, son fils rêve sa vie au quotidien … d’un quotidien qui vire au cauchemar.

P1100938Ils se débattent dans ce quotidien sordide, fait de chômage, de fin de mois qui n’en finissent plus et de problèmes qui s’ajoutent les uns aux autres. L’insouciance n’est plus de mise. On se débat et on combat. Et dans cette survie obligatoire empreinte de modernité, ils n’ont pas pris l’habitude de se parler.

  D’une part, quelques mots échangés entre une mère, Hélène et son fils, Philippe. Des banalités de tous les jours, mots d’un quotidien gris et fade, mots des petites choses de la vie. Insignifiance de la moindre remarque. Et pourtant, derrière cette apparente platitude se cachent des sentiments complexes._Dissident il va sans dire Cie des langages 4_

 D’autre part, la vie … qui s’écoule lentement.

Les morceaux de « Dissident, il va sans dire » se succèdent dans un temps hors du temps. Une temporalité que nous avons souhaitée décrypter à travers les corps des comédiens en mouvement. Entre chaque morceau, nous avons imaginé ce qui pouvait se cacher derrière ce face à face apparemment anodin. Quoi de mieux que des corps pour exprimer l’indicible, pour exprimer ce qui n’aurait pas de sens si l’on parvenait malgré  tout à le transcrire en mots et en paroles ?

 

Michel Vinaver, l’auteur…

 

Théatre-101Une rencontre avec un auteur, c’est toujours quelque chose qui doit aux circonstances. Michel Vinaver fait partie de ces auteurs qui émerveillent et qui étonnent. Une simplicité et une rigueur d’écriture. Une retranscription anthropologique d’un 20ème siècle finissant.

Michel Vinaver est un auteur que nous avons découvert par une entrée didactique : pour J. Vattier, au lycée (avec un extrait de cette pièce…) et F. Demory, à travers un cours passionnant de Yannick Mancel, directeur artistique au Théâtre du Nord, venu transmettre à des étudiants d’université, sa passion et son admiration pour Michel Vinaver qu’il a rencontré à plusieurs reprises.

Théatre-58Une rencontre avec un auteur. Une de plus ?

Non, là, il y avait de la vie. La vie de Michel Vinaver. Son amour des mots. Ce modeleur de répliques qui se superposent jusqu’à l’extrême.

Et quand Michel Vinaver parle du théâtre, il s’agit bien là encore d’amour. D’un amour simple mais entier.

Le théâtre n’est pas que la vie : il peut être aussi se révéler un mode de survie. Un peu comme le théâtre de Michel Vinaver où ses personnages sont si dramatiquement humains.

 

Note d’intention… 

 

Un lieu unique……où une rencontre est possible.

L’amour est le maître-mot de « Dissident, il va sans dire » : un sentiment entre deux êtres qui n’ont pas choisi de se rencontrer  (on ne choisit pas sa famille, n’est-ce pas ?) et pourtant il faut « faire avec ». Ils se sont aimés avant de vraiment se rencontrer et comme toute grande peine silencieuse, cet amour ne se dit pas, ne s’écrit pas. Ils transpirent d’amour l’un pour l’autre mais leur pudeur, leur peur de trop dire, leur peur aussi de « ne pas savoir dire », leur mode de fonctionnement affectif, et surtout, surtout, leur quotidien qui part en déliquescence. Nos vies de comédiens se superposent à celles des personnages : non point de l’identification !

« Hélène n’est pas ma mère … mais elle pourrait l’incarner ». « Philippe n’est pas mon fils … mais il pourrait le devenir ».Théatre-93

Ils sont un peu de nous-mêmes. Nous y retrouvons nos travers, nos émotions, toute cette immensité du non-dit familial qui transperce nos  propres vies, parfois. Ils sont nos alter-ego : à ce titre, nous les respectons, nous les regardons de loin, puis de très près. Nous entrons dans leur peau, comme une seconde peau qui nous recouvre comme une ombre légère.

Notre partie pris est que, ce qui n’est pas dit par les mots, peut être dit par les corps. Des corps vivants, dans une sorte de mouvement perpétuel. Toute cette part immense de non-dit dans leurs relations de mère-fils montrée aux spectateurs dans le corps des comédiens qui même eux, ne chercheront pas à donner des clefs ou à mettre à jour cette invisible conversation. Danser pour comprendre et apprendre de ces deux personnages nous a semblé une approche fondamentale pour entrer dans les relations souterraines de cette mère et de son fils.

Note d’intention rédigée par Françoise Demory et Judicaël Vattier

 » Se dire que, oui, l’art, le théâtre, c’est du vivant… Un vivant fragile certes, mais fort et vivifiant ! « 

 

Rythmes…

 

A la rencontre d’un musicien… et de sonorités nouvelles…

Enfin, une envie de donner une couleur musicale à cet oratorio contemporain. Et notre choix s’est porté sur un instrument de musique que l’on voit peu sur une scène théâtrale, un instrument qui, le plus souvent, souligne la cadence d’une mélodie, insuffle un rythme à un orchestre…

Théatre-30Une batterie… !

Une provocation ? Une incompréhension ? Une envie de surprendre ? Peut-être tout cela à la fois !

Nous voilà donc dans un autre face à face : un musicien et deux comédiens. Ces trois-là ont DSC_8910tout à nous dire, sans les paroles. Dans l’entrechoquement des baguettes du musicien, tout peut se dire …et s’entendre.

Les spectateurs reçoivent de plein fouet le vibrato dramatique de cette histoire à trois personnages… Le musicien ne dira pas un mot mais soulignera la détresse de la mère, la folie du fils, le temps qui passe. La vie. Le choc du face à face « mère-fils » n’en prend que plus de force, d’énergie : ils se débattent pendant que le batteur scande au rythme du temps qui passe, leur issue inéluctable.

Dans la présence physique et mélodique d’un batteur sur scène, aux côtés des acteurs, notre choix artistique a donc consisté à représenter symboliquement le père absent… et à le rendre présent dans l’imaginaire fantasmés d’Hélène et Philippe.

 
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Les mots des spectateurs